Les salopes ou le sucre naturel de la peau : nécessairement confrontant

C’était soir de première, ce mardi au cinéma du Musée des Beaux-Arts de Montréal , pour le film Les salopes ou le sucre naturel de la peau, le deuxième long métrage de la réalisatrice Renée Beaulieu.

Ayant été présenté au Festival international du film de Toronto en septembre dernier, puis pour la première québécoise lors du Festival du nouveau cinéma de Montréal, cette œuvre cinématographique féministe et avant-gardiste sera à l’affiche dans les salles du Québec à partir de ce vendredi 2 novembre.

Les Salopes
Lors de la première, au cinéma du Musée des Beaux-Arts / Photo : Gabrielle Deschamps

Des personnages féminins sans-précédents

À peine plongé dans les premières scènes du film, on décèle tout de suite le ton foncièrement féministe de la réalisatrice dans l’élaboration de son œuvre. Au fil du long métrage se déroule l’histoire de Marie-Claire, une femme intellectuelle, chercheure en dermatologie et professeure d’université dont la vie personnelle et les désirs ne cadrent pas du tout avec son quotidien professionnel assez rigide. Marie-Claire est une femme qui, sans culpabilité, se donne entièrement à ses désirs sexuels et extra-conjugaux sans culpabilité et tabous. Brigitte Poupart incarne ce personnage avec une incroyable justesse et une profondeur vraiment touchante. 

Les salopes ou le sucre naturel de la peau
Brigitte Poupart / Gracieuseté IXION Communications

On apprend aussi à connaître, à travers le film, d’autres personnages féminins forts et complexes; entre autres la fille de Marie-Claire, Cathou ainsi que sa meilleure amie, Mathilde, qui, toutes deux, présentent des aspects très peu exploités au cinéma à ce jour. C’est rafraîchissant et déconcertant à la fois.

Les salopes ou le sucre naturel de la peau : Un film qui confronte et inspire

Ai-je aimé le film? Je ne le sais toujours pas. Les salopes et le sucre naturel de la peau est le genre de film qui confronte et déstabilise, qui prend son temps à faire son chemin au creux de l’esprit. Chose certaine, il m’a fait du bien, mais s’il fait mal par moments, et a suscité en moi beaucoup de réflexions et de questionnements. 

Les salopes ou le sucre naturel de la peau
Les salopes ou le sucre naturel de la peau / Gracieuseté IXION Communications

Mais n’est-ce pas ce qu’on souhaite d’une œuvre, justement? Suite au visionnement, je me suis demandée, notamment, pourquoi c’était la toute première fois que je voyais une femme, au grand comme au petit écran, apprécier réellement le sexe et que ce soit démontré de façon totalement réaliste, décomplexée et que ce ne soit construit pour le plaisir, le regard ou l’intérêt masculin. Je crois que dans sa démarche entourant la réalisation de ce film, Renée Beaulieu a réussi à mettre en lumière une perspective féministe assez radicale et à jouer avec les codes de l’inconfort et sur les cordes sensibles de façon franchement habile.

Les salopes ou le sucre naturel de la peau Première
Lors de la première, au cinéma du Musée des Beaux-Arts / Photo : Gabrielle Deschamps

Je vous recommande, pour le meilleur ou pour le pire, mais surtout pour bousculer vos pensées et votre cœur l’instant de quelques 100 minutes, d’aller vivre cette expérience (!) cinématographique ce week-end pour sa sortie en salle.

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