Origami, plier le temps pour revenir en arrière

L’avant-première du film Origami s’est tenue le 23 avril au Cinéma du Quartier Latin. La salle 1 était bondée, et le film a été reçu avec une vague d’applaudissements tonitruants. Les artisans du film étaient présents pour le « tapis rouge » et ont également assisté à la représentation.

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Alexa-Jeanne Dubé avec la superbe petite fill qui joue le rôle de l'enfant du couple / Crédit photo : Stéphane Tanguay

Le scénario coécrit par André Gulluni et Claude Lalonde a été porté à l’écran par Patrick Demers, qui en est à son deuxième long métrage. François Arnaud tient le rôle principal dans Origami, celui d’un homme – David – brisé par la tragédie et la perte inutile et inconsolable d’un enfant. Depuis, David veut remonter le temps – un don qu’il possède : celui de voyager dans le temps – pour rectifier son horrible destin.

L’origami est l’art du pliage du papier

Vous le devinerez, ses va-et-vient dans le passé ou le futur, d’un moment à l’autre, ne seront pas effectués sans anicroche. Il plie le temps, sans le contrôler. Arrivera-t-il à empêcher le drame qui lui pourri la vie? Parviendra-t-il a refaire sa vie, ravoir sa fille et sa femme?

Sa peine, sa colère, son mal de vivre transpirent dans les nombreuses scènes où François doit mimer ses émotions, sans avoir accès à la parole. C’est dans un film comme Origami que l’on réalise à quel point le silence parle, à quel point il meuble l’espace. Ces silences ne sont pourtant pas un frein à l’histoire, n’alourdisse pas la fluidité du film. Ces silences ne créent pas de longueurs inutiles, mais ponctuent plutôt les scènes.

La réputation de François Arnaud n’est plus à faire, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il était formidable dans ce rôle complexe et profond. Normand D’Amour, qui joue le rôle de son père concerné et consterné brille également à l’écran. Il tente aussi bien qu’il le peut, parfois maladroitement, mais sans jamais de mauvaises intentions, de tirer son fils de la stupeur, de la noirceur.

Truffé de prises de vue stupéfiantes, artistiquement songées, le film est visuellement intéressant. Les lignes doubles, les flous, les gros plans… Une scène qui m’a marquée particulièrement, qui est silencieuse, mais magnifiquement présentée, c’est celle où David s’écroule par terre. Étendu sur le sol, on le regarde d’en bas, comme s’il était en fait étendu sur le plafond. Superbe.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas été aussi émue par une œuvre artistique. Jusqu’à présent, ça serait le film parfait pour représenter le Canada aux Oscars. Allez le voir, il sera en salle à Montréal dès vendredi. Vous nous en donnerez des nouvelles.

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