Un classique revisité avec fougue et précision

Platonov amour haine et angles morts, le grand classique d’Anton Tchekov, est présenté au Théâtre Prospero cette semaine et cette interprétation suscitera sans doute beaucoup d’engouement. C’est la professeure de théâtre et dramaturge Angela Konrad qui a ose une relecture de la pièce pleine d’effervescence et habilement adaptée à la société actuelle, une collaboration entre le Groupe de la Veillée et la Fabrik.

Platonov-8  crédit Maxime Robert-Lachaîne

Des interprètes de haut niveau

Portée par des interprètes de grand talent, notamment Debbie Lynch-White, Samuel Côté, Violette Chauveau, Pascale Drevillon, Renaud Lacelle-Bourdon, Marie-Laurence Moreau, Diane Ouimet et Olivier Turcotte, l’adaptation dont la traduction est signée André Marcovicz et Françoise Morvan met en scène la déchéance humaine sous plusieurs angles fascinants. À travers les relations amoureuses, familiales et fraternelles, le rapport au pouvoir et à l’argent et la sexualité, l’émancipation des femmes et autres thèmes, la célèbre pièce embrasse la laideur humaine et la rend intrigante et multidimensionnelle.

Platonov-17  crédit Maxime Robert-Lachaîne

Le jeu des comédiens est particulièrement franc et précis, ce qui rend bien justice à l’œuvre classique de Tchekov qui s’avère toujours autant d’actualité dans ses dialogues crus et tranchants et ses thèmes mondains abordés avec grande introspection et profondeur, qui en font presque un exercice socio-politique. Malgré quelques longueurs à mi-chemin, cette relecture de Platonov amour haine et angles morts est surprenante et euphorisante.

Une relecture pleine d’intensité

Scène après scène, les interprètes habitent les dialogues et se les approprient avec intensité, au point où ça en devient presque troublant par moments. D’ailleurs, les dernières quelques minutes de la pièce sont particulièrement soutenues et captivantes. La mise en scène est soignée et électrisante à la fois, ce qui concorde parfaitement avec les paradoxes nombreux et rythmes changeants de l’œuvre classique.

Platonov amour haine et angles morts est présenté plusieurs fois par semaine jusqu’au 15 décembre au Théâtre Prospero.

Crédit photos : gracieuseté Maxime Robert-Lachaîne

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